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Dix années à épiloguer sur du vide, forcément, ça laisse des traces. Ca faisait un petit temps que j'avais envie de revenir aux basiques. Ca me manquait un peu, de ne plus avoir la possibilité de gratter des phrases à l'infini. J'aurais pu faire un joli petit carnet, bien propre, bien mis sur lui, mais je sais pas, peut-être l'envie de balancer des trucs comme à la vieille époque. Caser du Kate Moss toutes les deux notes et faire un inventaire de toutes les cigarettes crâmées (oui, j'ai repris, je passe à côté d'un cancer, j'estime que j'ai plus rien à prouver à moi-même).

Peut-être aussi l'envie de caler de la tabula rasa dans ma vie. Remettre les pendules à l'heure. Prendre le temps de penser aux choses qui méritent qu'on s'y attarde vraiment et lâcher ce qui nous empoisonne. Prendre le temps de regarder ce qu'il y à côté de son ego. Prendre le temps, oui. Et puis prendre du recul, aussi. La vingtaine, c'est les vicissitudes de l'âme, comme dirait les vieux, mais maintenant que j'arrive en bout de course, je ne veux que du beau, et du serein. C'est fou comme à 29 ans, tout ce qui vous entoure prend de plus en plus le visage de bullshit. C'est terrible et en même temps assez rassurant. Comme si on commençait à bien prendre la leçon en considération. 

J'aime pas mal ce sentiment.

J'écoute beaucoup trop Smog en ce moment. La mélancolie de Bill Callahan me touche énormément. Jolie catharsis lo-fi. Je l'avais découvert un peu par hasard, en écoutant en boucle la reprise de Bathysphere par Cat Power sur son album What would the community think. On en faisait de belles choses en 1996.

(Et oui, une vidéo avec Chloe Sevigny en prime, parce que je suis définitivement de retour).