Cool as Kim Deal

150617

bad meets evil

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Il s'en passe des belles, parfois. Les gens qu'on rencontre, qu'on pense sans importance, et qui pourtant continuent à vous courir dans la tête des heures durant. Parfois je me demande s'ils devinent l'importance qu'ils peuvent avoir, ou s'ils sont tout autant dans le brouillard que toi.

J'écoute beaucoup trop de hip hop en ce moment, ce qui n'est sans doute pas la meilleure des choses à faire quand l'émotionel fait des loopings de la taille de l'Everest. Mais le coeur veut ce qu'il veut, comme dise nos camarades anglais, et je ris sur les plans morbides d'Eminem période 90s, réalisant, tragiquement, que ce mec a compris plus de choses qu'on ne comprendra jamais. 

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070317

talk about the passion

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THAT'S ME IN THE CORNER
THAT'S ME IN THE SPOTLIGHT
LOSING MY RELIGION
TRYING TO KEEP UP WITH YOU
AND I DON'T KNOW IF I CAN DO IT
OH NO, I'VE SAID TOO MUCH
I HAVEN'T SAID ENOUGH

Je n'ai jamais aimé quelqu'un à en crever. Je n'ai jamais aimé quelqu'un jusqu'à balancer des chaises à travers la pièce. J'ai toujours vu ça de loin. Egotrip d'ados attardés plus que sentiments véritables. L'âge aidant, on finit par comprendre la subtilité. Pourtant j'ai aimé. Mais mes plus sincères histoires ont toujours été dans la mesure. Peut-être chiantes, mais sans doute celles que je ne regrette pas d'avoir vécu. J'aime les choses calmes, je n'y peux pas grand-chose. Lisse, sans intérêt, me dit-on souvent. Et pourtant, celles qui vous font vraiment grandir, au final. Ceux que j'ai aimé, ceux-là, ils n'étaient pas ce que j'attendais. Ils n'étaient pas ce que je voulais. Du genre à pointer sa gueule au moment où on s'y attend le moins. Mais ils avient ce détail qui faisait toute la différence. Cette petite chose qui valait la peine que je pose mes bagages quelques instants, avant que je finisse par reprendre ma route, inlassablement.

ECRIT PAR FRANCES BEAN - 12:31 - Commentaires [1] - Permalien [#]
250117

i am sorry baby i love you

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Grant Lee Phillips tourne sur le pick-up tandis que j'essaie tant bien que mal de ramasser les miettes de ma cervelle. J'aligne les cigarettes, allongée sur le lit, en repensant à la place que tu ne prends plus depuis cinq ans déjà. L'absence file, c'est à peine si je réalise que tu as franchi la porte pour ne plus jamais revenir. Goût de cendre sur le bout de la langue, je tente de comprendre, heure après heure, mais mon esprit finit toujours par m'échapper quand il se heurte à la réalité. Les mots qu'on lâche, croyant qu'on ne les regrettera pas plus tard. C'est peut-être ça, le problème du privilège de l'âge. Un amoncellement d'erreurs et de fuites qu'on doit payer, un jour ou l'autre. En sursis jusqu'à ce que tout remonte à la surface, l'amour comme la haine, le beau comme le laid. La vie serait tellement plus simple si tout pouvait vraiment s'oublier mais il n'y a que les crétins sans vie pour croire à de telles inepsies.

Je pense déjà à L.A. cet été. Aux couchers de soleil et à l'horizon à perte de vue. Les maisons à l'architecture étrange rappelant David Hockney. J'ai toujours eu envie de ça. De Californie. Ecrire sur ce que j'aime le plus, ma musique, mes jolies vilaines filles. Je ne sais pas si c'est la trentaine qui approche à grands pas, mais plus le temps passe, plus l'envie de concrétiser ce que je suis se presse dans chaque recoin de ma tête. Comme une image de soi qu'on veut enfin voir prendre forme. Pas seulement par nécessité, mais juste parce qu'il est temps. Arrêter d'avoir peur d'une ombre inventée de toute pièce pour justifier l'immobilisme le plus primaire. On est ce qu'on est, au final. Je ne regrette pas, mais j'aurais aimé que les choses se passent d'une autre manière. La vie est ainsi. On maitrise beaucoup moins qu'on ne voudrait le croire. Les ajustements, ça s'apprend. Peut-être aurais-je préféré que cela se fasse moins douloureusement.

ECRIT PAR FRANCES BEAN - 18:20 - Commentaires [0] - Permalien [#]
100117

the hardest walk

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Je ne sais pas pourquoi, je n'arrête pas de penser à ce concert des Jesus and Mary Chain, à Rock en Seine. Dix ans putain. Je n'essaie même plus de combattre ma nostalgie, c'est peine perdue. C'était plutôt sympa, dans mon souvenir. Première fois que j'ai rencontré NancyVicious, belle personne. Il y a avait cette fille aussi, elle avait un t-shirt des Smiths, une rarities, hautaine, goth des caniveau avant l'heure, vas-y que je t'ai inventé le concept de la chasse d'eau. Bordel, qu'est-ce que j'aurais voulu l'étouffer avec Meat is murder

A part ça, Zaza a eu son Golden globe et Trump est toujours aussi désespérément con. J'essaie de boucler un article sur la twee et le féminisme mais infoutue de conclure. Résultat je repousse l'échéance en buvant des litres de thé et en lisant tous les bouquins qui me faisaient envie depuis genre mille ans. On ne change pas une équipe qui perd.

J'apprends que Steven Spielberg a envoyé une couverture à Drew Barrymore en lui disant de faire attention à ne pas attraper froid après sa séance photo pour Playboy. Jamais trop tard pour se cultiver. Faudrait que je pense aussi à finir la bio de Kate Moss. Bouquin passionnant, mine de rien. Mais qui reste à la page 65 depuis beaucoup trop longtemps. Je me rends compte qu'il fait déjà noir. J'ai pas vu la journée passer.

Je ne sais pas quoi écouter. Tristesse du samedi soir. Je vais peut-être parier sur une valeur sûre. José Gonzales, oui, c'est bien ça.

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070117

punch-drunk love

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Vous le saviez que chez les Masaï, quand deux amoureux se rencontrent, ils se crachent à la gueule? Je sais pas si c'est juste moi, mais c'est fou ce que ça fait sens dans ma tête.

ECRIT PAR FRANCES BEAN - 17:50 - Commentaires [2] - Permalien [#]

060117

no need for words now

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Parfois, je me demande ce qui se passe dans mon crâne quand je fais certains trucs. Genre boire du jus d'orange après m'être brossée les dents, ou encore bouffer de la glace en plein hiver alors que j'ai un début d'angine. Je crois que c'est pour me donner des sensations, sentir le danger frétiller sous mes pieds.

Ou alors je suis juste totalement débile. Je te laisse le choix.

Pour preuve, je me suis levée avec l'irrépréssible envie de lire des blogs de politiques. NE ME DEMANDE PAS POURQUOI, même moi je patauge dans le brouillard. Sans doute l'envie de me coller une bonne petite tranche de rigolade, j'en ai pas eu assez hier avec le Guaino qui pleurnichait sur ses merdes financières (ce qui quelque part explique beaucoup de choses chez les politicards, si les types sont infoutus de gérer 5000 boules par mois, t'étonnes pas qu'aujourd'hui on soit en déficit partout où on les case). Donc je me suis posée devant mon écran, détendue comme au premier jour, mes petites tartines et mon thé vanille.

Et bien sache que j'ai pas été déçue. Si t'es un peu dans le genre fragile, je te conseille de t'installer confortablement, de respirer un grand coup, mets tes coudes sur les accoudoirs et cale toi bien au fond de ton siège pour pas faire culbuto vers l'avant, parce que j'ai dégoté un truc qui m'a scié les jambes pour les trois prochains mois, et c'est chez Alain -c'est pas moi c'est Shawn- Juppé que j'ai trouvé mon bonheur.

Attention, t'es prêt.

www.al1jup.com

Voilà.

Non, tu ne rêves pas. C'est l'adresse de son blog. AL1JUP. Le mec a gardé son petit nom de l'époque où il était en taule. Sérieux, je suis sûre que tu grattes sous le col-cravatte et il a tatoué son blaze dans le cou. 

Franchement, après tant d'émotions, j'ai pas pu aller plus loin, limite déçue de son échec à la primaire (tu réalises qu'on est passé à côté d'un président qu'on aurait pu appeler AL1JUP, on a ce qu'on mérite).

A la place, je me suis recadrée sur la voie de la raison et j'ai cherché plein de photos d'Asia Argento. J'aime bien chercher des photos, surtout pour ne pas me mettre à bosser. Et puis les séances avec Ellen Von Unwerth, c'est comme un petit rayon de soleil dans une mare noire de désespoir. Je pense que je ne vais faire que ça aujourd'hui. Et puis de toute façon, je le mérite.

100 cigarettes plus tard, PJ Harvey et Thom Yorke sont toujours sur le tourne-disque. Pour moi, This mess we're in est la plus belle chanson de son album Stories from the City, Stories from the Sea (et peut-être même la plus belle chanson de toute sa carrière). A chaque fois, j'en ai le souffle coupé. C'est pas vraiment les aspects techniques qui retiennent mon attention, au final, parce que qu'est-ce que j'y connais, mais juste cette capacité que certains artistes ont à me bouleverser, à me faire ressentir des choses, que ce soit par la voix ou les textes. J'ai toujours mis ça de côté, genre maladie honteuse. La froideur qui pouvait me caractériser s'étiole tout doucement, et je n'arrive pas à savoir si c'est une bonne ou une mauvaise chose. Peut-être que c'est juste nécessaire. Arrêter de foutre la tête dans le sable. Affronter. Le bien comme le mal. Les mauvais mots, les mauvaises choses. Peut-être que je dois y passer... 

Mais la vérité, c'est que je pense que je vais juste me contenter de fumer. 

ECRIT PAR FRANCES BEAN - 14:03 - Commentaires [1] - Permalien [#]
050117

let the ghosts disappear

Quand je commence à lire Brautigan, il est difficile pour moi de m'arrêter. Pourtant, il n'a jamais fait parti de mon panthéon privé d'auteurs admirés. Mais le personnage, le personnage...Je me rappelle de Christian Bourgois qui avait donné cette interview dans ce vieux Libé, où il nous livrait sa rencontre la plus inattendue, celle avec Brautigan, bien évidemment : 

C’est un auteur que j’ai publié avec enthousiasme et dévotion dans les années 70. Chaque nouveau livre était un enchantement. Au bout d’un certain nombre d’années, en 1984, j’ai réussi à convaincre son agent de le faire venir à Paris depuis le Montana. Je suis allé le chercher à Roissy, c’était comme aller à la messe, je n’avais qu’une photo de lui et j’avais fini par inventer un personnage. J’ai vu arriver un grand échalas, tout en jeans, aux cheveux filasse, immense, avec un air de chien triste. Au fil de son séjour, tout s’est détraqué. Brautigan était agressif, dépressif, il buvait comme un trou. Il n’est pas sorti de sa chambre d’hôtel, sauf pour voir Beineix (il avait adoré Diva) le Père-Lachaise et une grande surface. Il n’est pas venu au salon du livre où il était attendu mais a passé son temps à vouloir aller à Munich. Il est parti furieux, je ne l’ai pas revu, il est mort quelques mois après.

Peut-être la raison pour laquelle il continue de me fasciner, après tout ce temps.

ECRIT PAR FRANCES BEAN - 15:05 - Commentaires [10] - Permalien [#]

surrender to the void

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Je ne sais pas pourquoi je pense à la ville de Tucson, en Arizona. Sans doute mon envie de décor de carte postale. J'aime beaucoup penser à des déserts à perte de vue, ça me détend. Tucson, en Arizona. Je n'y ai jamais foutu les pieds pourtant, mais j'aimerais bien. Juste pour son centre gratte ciel, et Howe Gelb. 

Howe Gelb. J'aime bien ce mec. Ce côté crasse j'en-ai-rien-à-foutre de la taille de l'Hôtel Congress. J'ai toujours eu une nette préfèrence pour les branleurs, surtout ceux qui en plus ont un talent à te la couper. Et puis je sais pas, il dit des trucs qui me parlent, genre ça: “i always thought the more stripped down a writing is, the more like a rough mix it appears. and i adore rough mixes, often favoring them over final mixes” . J'aime vraiment bien cette phrase. Après, je sais, me prend pas pour une buse, c'est aussi beaucoup de gueule. Vas-y que je te fais des albums bien dégueulasses histoire d'astiquer l'image dans le bon sens. Et puis les concerts qu'on distribue dans le bordel histoire d'en rajouter sur la pile d'enregistrements balancés sous mille avatars différents, parce qu'on est plus à ça près pour faire chier. Y a eu quoi, déjà? Giant Sandworm? Giant Sand? The Band of Blacky Ranchette? Même moi je m'y perds.

Je sais pas si t'as déjà assisté à un concert du bonhomme, mais c'est clairement une expérience qu'il faut vivre avant de calancher. Ou peut-être que c'était juste moi. Vous savez, gamine, on s'impressionne pour un rien. Complètement bourré, il avait fait monter sur scène deux gosses trouvés je sais pas où, leur tendant le micro pour qu'ils jouent des trucs à eux, dans la normalité la plus complète. Il enchainait aussi les titres n'importe comment, laissant derrière lui John Convertino et Joey Burns (avant qu'ils ne se cassent définitivement pour Calexico, on ne les juge pas, on comprend complètement) obligés de se démmerder pour prendre le train en marche toutes les trois minutes. Je crois même qu'à un moment Gelb s'est barré en backstage, et a joué pendant près d'une demie heure derrière un rideau, parce que pourquoi pas.

Tout ça pour dire que je pense que j'ai besoin de me casser loin. En écoutant Howe Gelb très fort dans les oreilles.

ECRIT PAR FRANCES BEAN - 11:12 - Commentaires [2] - Permalien [#]
040117

apocalypse now

En 2007, je me rappelle avoir dit: "Nan mais Bush et Cheney, sérieux, jamais on aura plus con".

Et puis 2017 arriva. Avec ça (clique mais je te préviens ça fait mal aux yeux).

Morale de l'histoire: j'aurais dû fermer ma gueule.

ECRIT PAR FRANCES BEAN - 14:55 - Commentaires [2] - Permalien [#]

talking to the wall

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Dix années à épiloguer sur du vide, forcément, ça laisse des traces. Ca faisait un petit temps que j'avais envie de revenir aux basiques. Ca me manquait un peu, de ne plus avoir la possibilité de gratter des phrases à l'infini. J'aurais pu faire un joli petit carnet, bien propre, bien mis sur lui, mais je sais pas, peut-être l'envie de balancer des trucs comme à la vieille époque. Caser du Kate Moss toutes les deux notes et faire un inventaire de toutes les cigarettes crâmées (oui, j'ai repris, je passe à côté d'un cancer, j'estime que j'ai plus rien à prouver à moi-même).

Peut-être aussi l'envie de caler de la tabula rasa dans ma vie. Remettre les pendules à l'heure. Prendre le temps de penser aux choses qui méritent qu'on s'y attarde vraiment et lâcher ce qui nous empoisonne. Prendre le temps de regarder ce qu'il y à côté de son ego. Prendre le temps, oui. Et puis prendre du recul, aussi. La vingtaine, c'est les vicissitudes de l'âme, comme dirait les vieux, mais maintenant que j'arrive en bout de course, je ne veux que du beau, et du serein. C'est fou comme à 29 ans, tout ce qui vous entoure prend de plus en plus le visage de bullshit. C'est terrible et en même temps assez rassurant. Comme si on commençait à bien prendre la leçon en considération. 

J'aime pas mal ce sentiment.

J'écoute beaucoup trop Smog en ce moment. La mélancolie de Bill Callahan me touche énormément. Jolie catharsis lo-fi. Je l'avais découvert un peu par hasard, en écoutant en boucle la reprise de Bathysphere par Cat Power sur son album What would the community think. On en faisait de belles choses en 1996.

(Et oui, une vidéo avec Chloe Sevigny en prime, parce que je suis définitivement de retour).

ECRIT PAR FRANCES BEAN - 13:42 - Commentaires [3] - Permalien [#]